Des tests complémentaires sur la pollution au diesel réclamés par la commission

La commission d’experts, ne désespère pas de démasquer les tricheurs et mise en place par le gouvernement pour enquêter sur les émissions polluantes des voitures diesel va poursuivre ses travaux et mener des «  tests complémentaires  » pour approfondir ses conclusions rendues fin juillet, a annoncé jeudi Ségolène Royal.

La commission, qui s’est réunie en fin d’après-midi, s’attachera en particulier à aller plus loin dans l’étude des logiciels de gestion moteur des véhicules présentant de forts dépassements des normes d’homologation, a précisé la ministre de l’Environnement dans un communiqué.

Des «  tests complémentaires  » ont été proposés sur sept véhicules. Ces derniers ont été entrepris par l’Institut français du pétrole Energies nouvelles (Ifpen), selon la même source. Jeudi, lors de la réunion à laquelle quelques journalistes, pour la première fois, avaient été conviés à assister, un représentant de l’Ifpen a détaillé les résultats de tests menés sur une Fiat 500X équipée d’un moteur deux litres diesel.

Chasse aux tricheurs

Ces tests ont été effectués selon différents protocoles pour déceler une éventuelle triche aux émissions polluantes, à l’instar de celle à laquelle Volkswagen a reconnu il y a un an avoir eu recours, déclenchant un scandale planétaire. La Fiat, qui avait déjà été épinglée par les premiers tests menés par l’organisme Utac-Ceram pour la commission, a à nouveau présenté des dépassements conséquents des niveaux d’oxydes d’azote (NOx), jusqu’à dix fois la norme d’homologation, selon les résultats présentés par le responsable de l’Ifpen, Gaëtan Monnier.

Une Peugeot et deux Volkswagen examinées

D’autres voitures vont être examinées par l’Ifpen dans les prochaines semaines, dont une Peugeot et deux Volkswagen. En rendant son rapport le 29 juillet, la commission avait indiqué ne pas pouvoir exclure que d’autres constructeurs que Volkswagen aient recours à des logiciels «  tricheurs  », malgré leurs dénégations. Les experts avaient en effet remarqué qu’il leur avait été impossible d’inspecter en profondeur les logiciels de gestion moteur, une nouvelle étape qui a été souhaitée par des membres de la commission et évoquée jeudi soir dans le communiqué de Ségolène Royal.

L’expertise de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) va être mise à contribution pour établir un protocole d’inspection, selon les discussions auxquelles l’AFP a assisté. «  Comme lors de la première phase de contrôles réalisés par l’Utac, les constructeurs seront appelés à donner des explications sur les résultats de ces nouveaux tests  » et «  une synthèse de ces investigations complémentaires et des réponses des constructeurs sera publiée à l’issue de l’ensemble des essais  », a indiqué Ségolène Royal.