Orange et Bouygues Telecom discutent un rapprochement

Orange et Bouygues ont confirmé mardi être en « discussion » en vue d’un rachat de l’opérateur Bouygues Telecom, numéro trois du marché, par l’opérateur historique et numéro un du secteur.

orange-bouygues-telecom

« Un accord de confidentialité a été signé ce jour (mardi) par Bouygues et Orange », précise Bouygues dans un communiqué, alors qu’Orange évoque « la reprise de discussions préliminaires avec le groupe Bouygues ». « À ce jour, aucune décision n’a été prise et rien ne garantit l’issue de ces discussions préliminaires », assure toutefois Bouygues dans son communiqué.

« Ces discussions ne sont pas contraintes par un calendrier particulier et ne s’engagent pas sur un schéma prédéfini », précise pour sa part Orange.

« Bouygues attachera dans toutes les discussions qu’il mènera une importance déterminante à l’intérêt des collaborateurs de Bouygues Telecom, ainsi qu’à la dynamique d’investissement du secteur qui doit rester soutenue dans l’intérêt du consommateur », ajoute le groupe industriel et de construction dirigé par Martin Bouygues.

L’existence de négociations entre les groupes Orange et Bouygues en vue d’un rapprochement entre les deux opérateurs faisait l’objet de rumeurs dans la presse depuis près d’un mois.

La réussite d’une éventuelle fusion, suspendue à son acceptation par les autorités de la concurrence en France et à Bruxelles, entraînerait le passage de quatre à trois opérateurs dans l’Hexagone.

Le nouvel ensemble qui ferait face à Free et SFR-Numericable sur l’un des marchés les plus concurrentiels d’Europe représenterait plus de 60% de part de marché en valeur sur le mobile.

Martin Bouygues avait rejeté en juin dernier une offre de Patrick Drahi, patron d’Altice (SFR-Numericable), et n’était pas plus favorable à un accord avec Xavier Niel, fondateur d’Iliad, la maison-mère de Free.

En cas de succès des discussions, Orange, dont l’Etat est le premier actionnaire (23% du capital), pourrait avoir à se séparer de cinq milliards d’euros d’actifs, et s’engager à limiter les conséquences sociales pour les employés de Bouygues Telecom.

Alors que sa filiale créée en 1994 a beaucoup souffert de l’arrivée de l’opérateur à bas coût Free en janvier 2012, Martin Bouygues parviendrait ainsi à conserver un pied dans les télécoms en entrant au capital d’Orange.