Google Car : « l’ubérisation » ultime de la mobilité

Les premières voitures autonomes de Google peuvent déjà être utilisées sur les routes de Mountain View, le siège californien du géant de l’Internet.

Si les chauffeurs de taxi parisiens voyaient ça, ils deviendraient fous. Ces petites voitures blanches que l’on peut désormais voir circuler en conditions réelles sur des routes de la Silicon Valley, en Californie (ouest des États-Unis), sont autonomes, c’est-à-dire qu’elles peuvent se passer de conducteur. Ce n’est donc rien moins que la fin programmée du métier de chauffeur de taxi ou de VTC, ou même, de conducteur UberPOP que Google annonce, et ce, avant 2020 si la loi l’autorise.

Des « conducteurs de sécurité » pour commencer

En attendant, pour cette première phase du projet, des « conducteurs de sécurité » restent à bord, avec à leur disposition un volant, et des pédales d’accélération et de freinage leur permettant de prendre le contrôle si nécessaire. Une reconversion éphémère pour les chauffeurs de taxi ? De même, pour des raisons de sécurité, la vitesse maximale est plafonnée à 40 km/h afin de limiter les dégâts en cas de sortie de route ou de collision avec un obstacle quelconque. Ces mécanismes étaient exigés par les autorités californiennes pour passer à la phase d’expérimentation sur la voie publique. L’entreprise américaine avait en effet obtenu en mai le feu vert de la Californie. Jusqu’à présent, la firme de Mountain View n’avait le droit que de faire circuler quelques véhicules modifiés de Lexus, marque premium de Toyota.

Retour d’expérience

Dévoilée il y a un an, la Google Car est une petite voiture électrique au design sommaire – une sorte de Smart aux traits arrondis – pouvant accueillir deux personnes à bord. En la lançant sur la voie publique, Google compte accumuler du retour d’expérience pour améliorer cette technologie, notamment pour ce qui est des événements inattendus et ponctuels (travaux, ralentissements, déviations, traversée de piétons, comportement des autres conducteurs) pouvant obliger le véhicule à ajuster sa trajectoire et sa vitesse.

11 accidents mineurs depuis 2009

En mai, le géant de l’Internet s’est retrouvé au centre des critiques liées à la sécurité de ses prototypes, certains dénonçant un manque d’information ne permettant pas de juger de la fiabilité de cette technologie. Le groupe avait alors été forcé de dévoiler que ces prototypes avaient été impliqués dans 11 accidents mineurs depuis le début du projet en 2009. Google a pour objectif de commercialiser la Google Car d’ici 2020, dans le but d’occuper très vite ce segment de l’industrie automobile annoncé comme une source de revenus importante dans les prochaines années.